pub
Module 3 - Pathologies

Cancer de la prostate

1. Définitions

1.1 Cancer de la prostate

Le cancer de la prostate est une tumeur maligne de la zone périphérique ou de la zone de transition (partie située au contact de l'urètre) de la prostate.

1.2 Tumeur

Une tumeur est une prolifération de cellules anormales aboutissant à une masse tissulaire qui ressemble plus ou moins au tissu normal homologue et qui s'accroît en échappant aux règles biologiques de la croissance et de la différenciation cellulaires (autonomie biologique).

La tumeur bénigne n'aboutie pas spontanément à la mort du patient.

1.3 Tumeur maligne - Cancer

Une tumeur maligne ou cancer est une prolifération de cellules anormales (tumorales) aboutissant à une masse tissulaire mal limitée et irrégulière ; qui ressemble plus ou moins au tissu d'origine et qui s'accroît rapidement avec une autonomie biologique, en envahissant et détruisant le tissu d'origine et parfois les tissus avoisinants ; et pouvant se disséminer à distance par voie lymphatique et sanguine, pour former des tumeurs secondaires dans d'autres tissus : les métastases.

La tumeur maligne aboutie spontanément à la mort du patient en l'absence de traitements.

2. Classification anatomopathologique

La classification et le pronostic du cancer de la prostate dépend du grade et du stade de la tumeur.

2.1 Grade de la tumeur

Le grade est un classement histologique qui dépend du degré d'anomalies des cellules tumorales : plus le degré d'anomalies est élevé, plus le grade de la tumeur est élevé.

Classification de Gleason : cotation du degré de différenciation de la tumeur du grade 1 à 5

  • 1 : Prolifération monotone de glandes simples, arrondies, étroitement regroupées. Nodules arrondis aux bords bien dessinés
  • 2 : Glandes simples, arrondies, plus dispersées. Masses vaguement arrondies, aux bords mal définis.
  • 3A : Glandes simples, de taille moyenne, de forme, de taille et d'espacement irréguliers. Masses irrégulières aux bords déchiquetés.
  • 3B : Glandes simples, de très petite taille, de forme, de taille et d'espacement irréguliers. Masses irrégulières aux bords déchiquetés.
  • 3C : Massifs épithéliaux cribriformes ou papillaires, à bords réguliers. Zones irrégulières constituées de cylindres et massifs arrondis.
  • 4A : Massifs épithéliaux de glande fusionnées. Massifs et cordons irréguliers de glandes fusionnées.
  • 4B : Même aspect que 4A, avec présence de cellules claires. Massifs et cordons irréguliers. Aspects d'« hypernéphrome ».
  • 5A : Massifs arrondis, papillaires ou cribriformes avec nécrose centrale. Cylindres et massifs arrondis disposés de façon variable, avec nécrose (« comédocarcinome »).
  • 5B : Adénocarcinome anaplasique. Massifs très irréguliers.

2.2 Stade de la tumeur

Le stade est un classement histopathologique qui décrit le degré d'extension de la tumeur. Le classement TNM permet de classer la tumeur en fonction de son extension :

  • T : Tumeur : taille et extension de la tumeur primitive
  • N : Adénopathies régionales : importance de la dissémination aux ganglions lymphatiques régionaux
  • M : Métastases à distance : absence ou présence de métastases

Classification TNM 2002 du cancer de la prostate de l'Union Internationale Contre le Cancer (UICC) :

  • Tumeur (T)
    • T0 : Absence de tumeur
    • T1 : Tumeur non palpable ou non visible en imagerie
      • T1a : < 5 % du tissu réséqué
      • T1b : > 5 % du tissu réséqué
      • T1c : découverte par élévation du PSA et réalisation de BP
    • T2 : Tumeur limitée à la prostate (apex et capsule compris)
      • T2a : Atteinte de la moitié d'un lobe ou moins
      • T2b : Atteinte de plus de la moitié d'un lobe sans atteinte de l'autre lobe
      • T2c : Atteinte des deux lobes
    • T3 : Extension au-delà de la capsule
      • T3a : Extension extra-capsulaire
      • T3b : Extension aux vésicules séminales
    • T4 : Extension aux organes adjacents (col vésical, sphincter urétral, rectum, paroi pelvienne) ou tumeur fixée à la paroi pelvienne
  • Adénopathies périphériques (N)
    • N0 : Absence de métastase ganglionnaire
    • Atteinte ganglionnaire(s) régionale(s)
  • Métastases à distance (M)
    • M0 : Absence de métastases à distance
    • M1 : Métastases à distance
      • M1a : Ganglions non régionaux
      • M1b : Os
      • M1c : Autres sites

3. Etiologies

  • Homme de plus de 40 ans
  • Facteurs génétiques

4. Examens et signes cliniques

  • Hématurie
  • Dysurie
  • Pollakiurie
  • Sensation de mauvaise vidange vésicale
  • Brûlure mictionnelle
  • Altération de l'état général (AEG) : asthénie, anorexie, amaigrissement
  • Douleurs : dues aux métastases
  • Toucher rectal : anomalie, augmentation du volume de la prostate

5. Examens et signes paracliniques

5.1 Examens biologiques

  • Bandelette urinaire réactive : permet de confirmer l'hématurie
  • Examen cyto-bactériologique des urines (ECBU) : permet de confirmer l'hématurie
  • Marqueurs tumoraux :
    • Dosage de l'Antigène Prostatique Spécifique, ou PSA (Prostate Specific Antigen)
  • Numération formule sanguine

5.2 Examens anatomopathologiques

  • Examen anatomopathologique d'un prélèvement biopsique : permet de confirmer le diagnostic et de préciser le stade de la tumeur

5.3 Examens médicaux

  • Toucher rectal : anomalie, augmentation du volume de la prostate
  • Etablir le bilan d'extension local, ganglionnaire, métastatique :
    • Scanner (Tomodensitométrie : TDM)
    • Imagerie par résonance magnétique (IRM)
    • Scintigraphie osseuse

6. Complications

  • Métastases
  • Décès

7. Prise en soins

  • Prise en charge médicale :
    • Radiothérapie
    • Curiethérapie (radiothérapie interne) : implantation de grains radioactifs dans la zone tumorale
    • Hormonothérapie : permet une castration médicale
    • Antalgique
  • Prise en charge chirurgicale :
    • Prostatectomie totale
    • Curage ganglionnaire
  • Prise en charge psychologique et de soutien :
    • Soutien psychologique au patient et à son entourage
  • Education thérapeutique :
    • Expliquer la maladie, les traitements, les effets indésirables
    • Accompagner le patient à l'acquisition de compétences d'auto-soins et d'adaptation, nécessaires à l'amélioration et au maintien de l'état de sa santé, de sa qualité de vie et de celles de ses proches
Mise à jour le 11/12/2016
Morgan PITTE
Infirmier
Rédaction EspaceSoignant.com

Références

  • Collège de la Haute Autorité de Santé (HAS) - Service des maladies chroniques et dispositifs d'accompagnement des malades / Institut National du Cancer (INCa) - Département des recommandations pour les professionnels de santé. Guide Affection de Longue Durée (ALD) : " Tumeur maligne, affection maligne du tissu lymphatique ou hématopoïétique - Cancer de la prostate". Septembre 2008.